Père Noël, je n’ai pas été gentille…

«Cher Père Noël,

Cette année, je n’ai pas été très gentille. J’ai blessé une personne importante dans ma vie. J’aimerais pouvoir te dire que je l’ai fait seulement une fois, mais je me suis acharnée tout au long de l’année. Avec le recul, je n’en suis pas bien fière et j’ai de la peine.

J’ai utilisé des mots et des paroles qui font mal. J’ai un peu honte de ce que je vais te confier. Je lui ai souvent dit que sont ventre était trop mou et pendant. Que ses poignées d’amour étaient laides dans ses vêtements. Qu’elle devait cacher la cellulite sur ses cuisses. Que les cernes sous ses yeux faisaient peur. Que les rides sur son visage lui ajoutaient au moins dix ans. Que sa façon de coiffer ses cheveux ternes était moche. Jour après jour, j’ai trouvé quelque chose de terrible à lui dire. Pauvre fille. Mais ce n’est pas tout. Il y a aussi les regards que je lui ai lancés au quotidien, regards exaspérés, incrédules, impatients. Les regards de déception, même de dégoût. Je l’ai rabaissée à la moindre erreur, je lui en ai voulu pour chaque mauvaise décision, j’ai diminué chacune de ses actions et j’ai douté de ses rêves.

Tu dois te demander si après tout cela elle veut encore de moi dans sa vie, n’est-ce pas ? Pas le choix, nous sommes liées pour toujours. Je suis cette fille. Je ne sais même plus comment j’en suis venue à me maltraiter de la sorte. À me regarder chaque jour dans le miroir en ne voyant que des défauts. À admirer les réalisations des autres autour de moi tout en banalisant ma propre vie. À féliciter toutes et chacune tout en me sentant indigne de recevoir un compliment. Tu sais Père Noël, je crois que dans le fond je suis une bonne personne. J’aime aider les autres. Je travaille fort pour être une bonne mère qui enseigne des valeurs humaines importantes à ses enfants. J’essaie d’être une conjointe aimante et présente. Je m’efforce de rester loin des chicanes et des ragots. En fait, je fais tout ce que je peux pour être la meilleure personne possible. Pour les autres ; malheureusement pas pour moi. Et j’ose tout de même te demander un cadeau.

Je sais que les adultes ne sont plus sensés croire au Père Noël. Avec tout ce qu’on entend de nos jours de toute façon, je me demande s’il nous reste encore quelque chose en quoi croire. Mais j’ai le goût. De croire en la magie entourant la période des fêtes. Aurais-tu cette année, parmi tes milliers de cadeaux, un peu d’amour qui ne s’utilise que pour soi-même à me donner ? Je n’en demande pas beaucoup tu sais. Une petite boîte, un petit flacon, même une minuscule pincée. En te faisant cette requête, je me gronde d’être égoïste et de demander quelque chose juste pour moi alors que Noël est un temps de partage. Mais je te promets que si tu déposes un peu de cet amour spécial sous mon sapin, je mettrai tous les efforts nécessaires pour rapidement apprendre à l’utiliser. J’ai hâte de voir les yeux de la fille que je croise chaque matin devant le miroir de ma salle de bain quand j’aurai commencé à me servir de mon cadeau. J’ai hâte que nous puissions être meilleures amies pour la vie. M’aideras-tu Père Noël ? J’ai hâte de lui dire que je l’aime. »

bg_cher_pere_noel
Beaucoup de femmes extraordinaires ont été une source d’inspiration pour cette lettre. J’espère que le Père Noël déposera une petite boîte spéciale sous leurs sapins…

 

Publicités

A propos agirlrunning

just an ordinary girl on an extraordinary running journey
Cet article a été publié dans Mes écrits. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s