Toi à qui je pense souvent…

Je me promenais dans les rues de Kona à Hawaii depuis les petites heures du matin. En cette belle journée chaude et venteuse d’octobre, j’assistais aux efforts des participants du Championnat Mondial Ironman en admiration complète devant leur volonté. J’attendais mon participant préféré, mais mon cœur vibrait pour tous ceux et celles qui parcouraient le très long circuit de cette gigantesque épreuve. Je souriais, je pleurais, j’encourageais et je criais pour tous ces inconnus unis par le même défi.

Postée le long du parcours du marathon, je saluais les participants qui le débutaient et j’applaudissais ceux et celles qui en étaient à leurs derniers kilomètres. Mes pensées se succédaient au fil des coureurs. J’étais bien curieuse de savoir la motivation de chacun et chacune derrière leur désir d’accomplir un exploit de cette envergure. Est-ce que ces gens savaient combien ils étaient courageux ? Est-ce que quelqu’un leur avait déjà dit combien ils étaient inspirants ? Est-ce qu’ils avaient tous au moins une personne à l’arrivée pour les attendre avec un câlin et leur murmurer à l’oreille «Tu es extraordinaire» ? Toutes ces réflexions me ramenaient à la motivation derrière les choses que j’avais accomplies jusqu’à maintenant, et surtout, derrière celles à venir. Et c’est là que je t’ai vu.

Tu avançais en trottinant sur ta prothèse et j’ai eu l’impression que mon cœur et mon estomac étaient tombés de quelques étages. J’ai su instantanément que ton image ne pourrait jamais plus sortir de ma tête. Je ne connais pas ton nom et je ne sais pas d’où tu viens. Je sais seulement que tu m’as donné toute une leçon de courage. Tu as mis un visuel puissant sur la fameuse expression «Quand on veut, on peut». Tu venais de nager près de 4km et d’en rouler 180km avec une seule jambe ! Et tu t’élançais pour un marathon. La détermination d’aller jusqu’au bout sur ton visage m’a émue au plus haut point. J’ai su que je ne pourrais jamais plus me trouver d’excuse facile pour ne pas mener un projet à terme.

Une impulsion m’a fait sortir mon téléphone pour te photographier, une image à regarder quand je serais découragée ou que j’aurais l’impression que rien ne va comme je le voudrais. Seulement une image. Sans texte, sans musique, sans long discours puisque cette seule image vaudrait pour moi plus que mille mots.

Toi à qui je pense souvent, tu ne sauras jamais l’impact que tu as eu sur cette fille qui se tenait près de la clôture et qui t’as pris en photo, cachée derrière ses lunettes fumées, les yeux pleins de larmes. Tu ne sauras jamais combien c’est surprenant et déstabilisant de ressentir un élan de fierté aussi grand pour un parfait inconnu. Tu ne sauras jamais qu’une petite partie de moi est différente depuis que mes yeux t’ont aperçu. Je dis que tu ne sauras jamais…  Dans le fond, à bien y penser, ta présence à cette incroyable compétition me fait dire que toutes ces choses, tu les sais déjà.

Kona, Hawaii, 11 octobre 2014

Kona, Hawaii, 11 octobre 2014

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A propos agirlrunning

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Un commentaire pour Toi à qui je pense souvent…

  1. Stéphanie dit :

    Wow! Je viens de découvrir ton blog et j’ai trouvé plusieurs de tes billets très émouvants.. Mais celui-là est d’une très grande inspiration!! Merci d’avoir immortalisé cette image et de nous la partager!

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