L’aventure d’une apprentie triathlète

Il y a des moments dans la vie où des éléments se mettent en place dans un timing incroyable pour nous amener vers des avenues tout à fait surprenantes. Dans mon cas, ces éléments ce sont mis en place le 3 mars 2013 pendant un souper dont je vais me souvenir longtemps. Mon chum qui s’entrainait déjà depuis une dizaine de semaines pour un Ironman 70.3 avait invité son coach , Ted,  à souper à la maison. Sa passion bien évidente pour son sport enflammait nos discussions et la motivation d’Hugo était gonflée à bloc. Puis, tout à coup, LA question qui n’allait plus sortir de mon cerveau: « Toi Nathalie, t’as pas le goût de faire ça? Il te reste bien assez de temps, tu serais capable de faire ça c’est sûr!»

J’ai mal dormi cette nuit là. Est-ce que j’étais rendue là dans mes défis personnels? Est-ce que je mesurais bien l’impact qu’un tel entraînement aurait sur ma vie, notre famille, mon entourage? Mais une fois le petit démon bien installé dans un coin du cerveau, impossible de le déloger. Il te torture les pensées: «Tu as fait des courses, des demis, des marathons. Es-tu allée au bout de toi? Vas tu te demander jusqu’à la fin de tes jours si tu aurais été capable d’accomplir plus grand? Ou vas tu viser plus haut et aller voir par toi même?» Incapable de résister. Le lendemain, après bien des discussion avec Hugo, mon complice de toujours, je m’inscrivais au Ironman 70.3 de Miami qui aura lieu le 27 octobre prochain. Quelques jours plus tard, je recevais mon premier mois d’entraînement de coach Ted et le 10 mars j’entamais officiellement mon aventure d’apprentie triathlète.

J’ai déjà 22 semaines d’entraînement bien chargées derrière moi. Vingt-deux semaines d’horaires planifiés au quart de tour. J’ai dû apprendre à nager de façon efficace, devenir confortable dans un wetsuit, braver mes peurs en eau libre et accumuler des mètres et des mètres d’expérience. J’ai dû me familiariser avec le vélo de route, les faux-plats, les côtes, les longues distances, le vent et les crevaisons. Et j’ai dû apprendre à combiner le tout avec mes sorties de course. Il y a bien des jours où je me suis demandé comment j’allais tout entrer ma vie et mon entraînement dans la même journée, mais j’y suis toujours arrivée. J’ai découvert le vrai sens du mot PRIORITÉ. C’est pourquoi quand vous venez chez nous, il y a du lavage non plié un peu partout, du ménage à faire, des mauvaises herbes autour de ma cour. C’est pourquoi je dis non à plein de party, pourquoi ma vie sociale a pris une débarque, et pourquoi je ne suis plus jamais maquillée ni coiffée. Jusqu’au 27 octobre prochain, tout est une question de priorité. Et ma liste n’est pas bien longue. A part mes enfants, mon chum, mon travail et l’entraînement, il n’y a de la place pour rien d’autre.

J’en entends dire quelques fois: «As tu au moins du temps pour avoir du plaisir dans ta vie?» Ne vous trompez pas, car du plaisir, j’en ai au quotidien. Voir tout le chemin parcouru depuis ces dernières semaines est une grande source de motivation. J’aurai 40 ans quelques jours avant Miami, et je suis bien impressionnée de ce que mon corps est capable d’apprendre et d’accomplir à son âge! Terminer un bon entraînement et s’impressionner soi-même, ça me fait pas mal plus plaisir qu’une poutine ou un gros souper arrosé de vin! Chacun ses goûts, chacun ses «priorités»!

Et j’ai la meilleure équipe derrière moi! Deux petits bonhommes qui ont embarqués dans l’aventure que nous vivons et qui sont nos meilleurs supporteurs. Je suis tellement fière quand je cours accompagnée de mes fistons en vélo ou en planche à roulette! Ils sont même capables de me suivre dans mes entraînements de vélo plus légers. Ils sont là sur le bord de la piscine à s’amuser comme des grands ou à compter mes longueurs. Je crois que nous avons réussi à en faire un défi de famille, et c’est ce qui rend les semaines difficiles plus agréables. Jamais la phrase utilisée par tous et chacun «Quand on veut, on peut!» n’aura eu tout son sens que depuis le début de cette aventure.

Après toutes ces semaines, je suis encore plus impressionnée par les triathlètes, les vrais. Ceux qui travaillent sans relâche et qui souffrent pour se tailler une place parmis les premiers. Ceux qui font les distances incroyables d’un Ironman dans des temps qui défient ma compréhension. J’espère toujours rester humble devant chaque entraînement, chaque course et chaque défi. Mon objectif est bien différent que celui d’espérer gagner une épreuve, même dans ma catégorie d’âge. Je veux un jour pouvoir regarder en arrière et savoir que j’ai accompli des choses qui m’ont rendue fière et qui m’ont fait en apprendre beaucoup sur qui je suis. Parce que ce sera toujours sur ces petites victoires que je compterai pour me définir, et jamais sur ce que les autres pourront dire de moi.

Publicités

A propos agirlrunning

just an ordinary girl on an extraordinary running journey
Cet article a été publié dans Mes écrits. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour L’aventure d’une apprentie triathlète

  1. Monique Boissonneault dit :

    Une longue banderolle de félicitations pour ce défi qui vous rend si vivante! Vous êtes vraiment une belle source d’inspiration! Merci de nous partager ce bout de vie qui enrichit la nôtre. Votre récit ajoute un sourire à ma vie et je vous en remercie.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s