Pour un simple morceau de métal

Un dimanche matin au New Jersey. Le lever de soleil derrière les buildings qui bordent le boardwalk est à couper le souffle. Même la Lune encore pleine doit être impressionnée. Le vent est déjà bien présent, comme pour nous assurer qu’il nous tiendra compagnie toute la journée. C’est la première fois que j’assiste seule au départ de la première vague de natation. Il n’y a pas de vague de pros, et c’est le groupe d’âge de mon chum qui ouvre la première édition de l’Ironman 70.3 Atlantic City. Je prends le temps d’apprécier le grand privilège que j’ai de vivre une autre belle aventure de triathlon en compagnie de l’homme de ma vie. Il est dans la chute en attente de sa mise à l’eau, je suis de l’autre côté de la clôture, et j’ai une grosse boule dans la gorge.

L’hymne nationale américain réussit toujours à m’émouvoir à un niveau que je ne saisis pas vraiment. L’homme qui l’interprète ce matin y met un tel cœur, que tous les athlètes tournés vers le drapeau pleurent. Je suis bouleversée. À ce moment, ayant été déconnectée des nouvelles depuis plusieurs heures, je ne sais pas qu’une bombe a explosé à Manhattan et une autre au New Jersey hier. Je comprendrai seulement plus tard le nombre impressionnant de policiers déployés le long du parcours et la présence des camions de l’escouade anti-bombe en quelques endroits. Pour l’instant, je ressens seulement une grande émotion que j’attribue à la nervosité et à la fierté de savoir que, parmi les 246 casques jaunes qui entrent dans l’eau du canal, il y en a un porté par celui que je suis déterminée à rejoindre au fil d’arrivée quoi qu’il arrive. Le signal retentit. C’est parti.

On nous a avisé que des courants imprévus durant la nuit ont rendu une portion de la natation trop risquée et que les bouées ont été déplacées pour enlever 300m au parcours. Je m’étonne des gens qui chiâlent autour de moi car je me dis que les organisateurs doivent savoir ce qu’ils font. J’entre dans l’eau avec les femmes de ma vague, la 6e, en me rappelant immédiatement combien le feeling de l’eau salée est saisissant dans les premiers mètres. Je suis étrangement relaxe au départ, ma natation se déroule sans trop d’accrochage, mais je n’en reviens pas de constater à quel point l’eau est opaque. Je ne vois aucune des nageuses qui m’entourent, même pas mes propres mains au bout de mes bras. J’ai l’impression d’être souvent déviée de ma trajectoire, et j’essaie de me repérer avec les buildings sur la ligne d’horizon.

J’entends crier et je sors la tête de l’eau. Des bénévoles sur des planches et des kayaks crient en faisant des grands signes près d’une bouée : « Turn here ! Turn around here ! » Dans ma tête, je me dis que c’est allé un peu trop vite. En contournant la bouée du retour, nous devons livrer bataille à un courant de face et une légère panique s’empare de moi quand je prends un bon bouillon et que je réalise que j’avance à peine. Je lève les yeux, aperçois le quai, et je mets toutes mes pensées en mode «rejoindre une des échelles le plus rapidement possible». Une fois sur le quai, j’ai les jambes tellement molles que je n’arrive pas à courir jusqu’à la transition. Ce n’est qu’à la fin de la journée que nous apprendrons que la distance de ma vague a été écourtée, et celle des dernières vagues encore plus. Plus d’une trentaine de nageurs ont été déportés par un remous dangereux et ont dû appeler à l’aide.

Je me calme et prends le temps de bien me préparer dans l’aire de transition. Le soleil est déjà brûlant, il n’y a pas un nuage en vue, et l’intensité du vent a augmentée. Je m’élance pour un 90km de vélo sans histoire, si ce n’est que le vent nous surprend sur bien des sections du parcours et que je dois refaire le plein à 45km car mes deux gourdes sont déjà vides. Les bénévoles à la station sont fantastiques, souriants et pleins d’attentions. Il en est de même pour les 800 personnes présentes à donner de leur temps pour que nous puissions nous amuser à faire ce sport. C’est mon grand coup de cœur de la journée.

En accrochant mon vélo sur la barre, je sens mes cuisses lourdes et raides. J’ai peut-être un peu trop poussé sur les pédales pour mes capacités de cycliste. J’entame la course et j’ai l’impression d’être dans un fourneau. Avec plus de 30° sous un soleil de plomb, nous sommes loin des 22° avec nuages et gouttes prévu par la météo. Déjà, après seulement trois kilomètres, plusieurs athlètes marchent. Ce sera un très long demi marathon. Sur le boardwalk longeant l’océan, aucune ombre pour nous donner un peu de répit. Le vent brûlant ne donne pas un gros coup de main les rares instants où il parvient à nous rejoindre à travers les dunes et les hôtels. Après 10km j’ai des crampes dans les jambes, dans les pieds et dans le ventre. J’arrête sous toutes les douches le long de la plage et à toutes les stations pour de la glace et des éponges froides. Le monologue dans ma tête ressemble à ça : « Cours jusqu’à la prochaine douche et après on verra. Cours jusqu’à la prochaine table et après on verra. »

L’arche d’arrivée se présente comme un mirage en plein désert. Instantanément, toutes les heures qui viennent de s’écouler n’ont plus de poids. C’est terminé, je l’ai fait. J’accepte ma médaille des mains d’une bénévole à l’immense sourire. J’ai fait tout ça pour un simple morceau de métal. Un morceau de métal qui, jusque-là, pendait d’un ruban avec des centaines d’autres identiques à lui. Un morceau de métal qui, une fois ramené à la maison, deviendra un symbole chargé de souvenirs et d’émotions. Je la tiens à deux mains, comme pour m’assurer que j’y suis vraiment arrivée, quand j’aperçois la même au cou de l’homme de ma vie qui me souris dans la foule. Aucun doute, je suis arrivée.

Un lundi matin au New Jersey. Atlantic City se réveille en pleine tempête. La pluie et le vent balaient la ville, le ciel est d’un noir à faire peur. Il aurait pu faire cette température hier. Mon sommeil a été agité par des spasmes aux jambes, par les brûlures de frottement ici et là, et par une légère insolation. Mais tout ça n’est qu’un détail. Nous apprenons que la nuit précédant la course, le canal où nous avons nagé s’est vidé de son eau et que les bateaux reposaient sur la boue. Une combinaison de la tempête en approche et des marées de la pleine lune ont failli forcer les organisateurs à canceller la natation. L’eau opaque, les remous, le courant, tout prend un nouveau sens.

Quelle équipe extraordinaire nous avons rencontré, des gens qui ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour s’occuper des athlètes d’une façon aussi généreuse que sécuritaire. J’y repense et je souris. La vie est remplie d’imprévus et nous avons choisi un sport qui nous tient à la merci des éléments. Mais nous avons aussi choisi un sport qui nous amène un grand sentiment d’accomplissement. Merci du fond du cœur à tous ceux et celles qui ont rendu cet événement possible. Mes félicitations les plus sincères à tous les athlètes présents. Toute ma gratitude à mon chum, mon grand complice qui m’endure dans mes moments de doute et me fait toujours sentir meilleure que je le suis. Elle est fantastique ma vie !

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Si c’était ta dernière course?

« Pas le goût, il fait trop chaud et il est rendu trop tard dans la journée. Si je fais 10km plutôt que le 12km prévu, c’est quand même bon, non ?» Ce sont les excuses qui tournaient dans ma tête avant un de mes entraînements. Et j’ai bien failli flancher. Puis, une question m’est venue spontanément : « Et si c’était ta dernière course, comment l’aborderais-tu ? » Wow.

Tout d’abord, un petit mot sur mon état d’esprit du moment. Je venais de faire plus de 2000 km de route pour assister aux funérailles d’une tante très chère à mon cœur, et voir disparaître avec elle un pilier important de mon histoire familiale. J’étais physiquement et émotionnellement fatiguée, et je crois que c’est la réalisation de notre passage éphémère dans la vie qui a suscité cette réflexion.

Alors ? Si c’était ma dernière course, est-ce que je serais capable de la rendre spéciale ? Je me suis donc lancée, un kilomètre à la fois, dans une réflexion complètement zen de l’entraînement. Le soleil de plomb de l’heure du dîner est devenu moins pénible quand je me suis mise à contempler mon ombre en plein travail. Pour la première fois, j’ai pris le temps de me «regarder» courir à travers ma silhouette noire sur la piste. Mes jambes qui gardaient la cadence, lente mais constante, au diapason avec mes bras. Les îlots d’ombrage des portions de forêt plus dense sont devenus de vrais oasis de fraîcheur remplis d’odeurs de feuilles et de terre très agréables. Tout ce que j’ai croisé était agréable à regarder, des quenouilles le long la marre à grenouilles aux fleurs sauvages bordant les champs. Chaque kilomètre m’a offert une expérience différente. J’ai lâché prise sur le temps et la vitesse et j’ai existé pendant 12 kilomètres sans en sauter un seul. Si c’était ma dernière course, je ne voulais surtout pas en manquer un seul bout.

Je me suis surprise à revenir à la maison avec un grand sourire. Je ne sais pas pourquoi j’en étais venue à être autant exigeante envers moi-même. Je suis une amateure, je le fais par pur plaisir. M’entraîner zen, en existant à part entière dans le moment présent et comme si c’était la dernière fois, quelle expérience fantastique !  Il ne reste qu’à voir où je vais aussi appliquer cette nouvelle approche…

Si c’était ma dernière brassée de lavage ? Si c’était la dernière fois que je faisais la vaisselle ? Ou peut-être je découvrirais qu’être zen 100% du temps c’est fatigant…

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P.S. Je sais que tu m’aimes

Aimer et partager sa vie avec une coureuse n’est pas toujours de tout repos. Comment je sais que tu me supportes dans ma quête de devenir la meilleure version de moi-même ?

Je le sais parce que les gestes parlent plus fort que les mots. Ils parlent plus fort que tous les mots que nous ne prenons pas souvent le temps de nous dire. Je les vois, ils ne passent pas inaperçus et je ne les prends pas pour acquis.

Tu m’accueilles au retour d’un entraînement en me demandant comment a été ma course.

Tu écoutes patiemment les anecdotes pas toujours intéressantes de mes entraînements.

Tu me gardes les portions de circulaires avec des articles de sport que tu sais qui pourraient me plaire.

Tu parles à tes amis de mes efforts et de mes accomplissements avec fierté.

Tu te portes volontaire pour m’accompagner comme supporteur et garder mon sac d’effets personnels pendant des courses.

Tu ne me fais jamais sentir coupable de prendre du temps pour moi, au contraire, tu m’encourages et m’aide à libérer ce temps dans mon horaire.

Tu me dis que tu me trouves belle et que tu me trouves bonne.

Tes gestes parlent plus fort que les mots, et le fil d’arrivée est toujours un endroit rassurant quand je sais que tu m’y attends.

P.S. Je sais que tu m’aimes.

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Une photo coup de coeur de l’événement Une Fille qui Court 2016 derrière l’inspiration pour ce texte. Une photo remplie d’amour…

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Entre deux cocottes

Fin d’après-midi, il pleut, et je pars courir. Honnêtement, je n’ai pas le goût. Je suis fatiguée, j’ai une montagne de boulot, à peu près six brassées de lavage à faire, je n’ai pas le temps mais je le prends. Parce que je sais que dans 500 mètres, la grisaille dans mon cerveau aura disparue et celle de l’extérieur ne me dérangera plus.

On pourrait dire que c’est laid dehors. Il reste des étendues de neige sale, la rue est sale, les trottoirs sont sales, un après-midi de printemps typique. Mais ça sent bon, ça sent la pluie et la terre qui commence à respirer, ça sent la promesse du beau temps à venir. Je tourne le coin d’un terrain vacant parsemé de grands conifères et une chose capte mon attention. À quelques pieds de moi il y a un éclat de violet. Une seule tache de couleur dans cet étendu de brun. Je m’approche. Entre deux cocottes, brunes et séchées, datant de l’automne passé, sur un lit de bouette et d’aiguilles mouillées, se trouve un petit crocus.

Je repars en souriant et je me dis que c’est ça la vie. Cette petite fleur-là n’a pas attendue que tout soit parfait autour d’elle pour pousser. Elle est sortie vibrante et colorée dans la boue et le sale qui l’entourait. Je me suis questionnée. Est-ce que je me permets d’être un crocus quelques fois ou bien je me laisse étouffer par les autres qui voient seulement la bouette qui les entoure ? Est-ce que j’ose sourire quand les autres bougonnent ? Est-ce que j’ai le courage de penser violet dans une foule de gens qui pensent brun ?

crocusCette petite fleur était la plus belle image de ce que veut dire oser être soi-même. Sortir du cadre. Vivre sa vie comme on en a envie, pour se plaire avant tout, au risque d’être différent. Au risque d’être unique. Pis oui des fois le bonheur dérange. Pis ça énerve quand on pense pas comme la majorité. Mais c’est comme ça qu’on grandit, qu’on vit les plus belles aventures, les histoires les plus intenses. J’espère pouvoir inculquer ça à mes enfants. Parce qu’inévitablement, il va y avoir de la bouette et des vielles cocottes dans des bouts de leur vie. J’ai le goût de leur dire : «Laissez faire le sale. Entre deux cocottes, il y a un monde d’opportunités! Soyez des crocus ! Osez !»

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Le raisin sec et la citrouille

Je dois être bien près du record Guinness du plus grand nombre de nuits d’insomnie causées par ma mauvaise gestion des critiques ou des paroles blessantes à mon endroit. J’en ai passé des heures, la larme à l’oeil et le coeur en morceaux, d’avoir écouté et pris pour acquis des jugements gratuits. Parce que la vie est bien faite, j’ai fini par atteindre la barre du trop plein avant de me causer trop de tort. J’ai crié à l’aide et une personne très spéciale est arrivée dans ma vie, une personne avec les oreilles sur le coeur.  Une discussion inspirante au bon moment, des mots que j’étais prête à entendre, il n’aura fallu que ça pour faire jaillir dans mon cerveau une illumination qui allait changer ma vie!

Il faut d’abord expliquer que j’étais bien mal faite sur un aspect de mes relations interpersonnelles. Quand quelqu’un m’adressait des propos blessants, je les prenais immédiatement pour une vérité absolue. Je me remettais en question, j’essayais de trouver une façon de plaire, et je faisais des cauchemars sur le sujet à m’en rendre physiquement malade. Si en contrepartie quelqu’un me complimentait, ou posait un geste gentil à mon égard, j’essayais de lui retourner en banalisant mon action. J’avais l’impression de ne jamais mériter une éloge ou une récompense. Non, non, non, pas moi voyons!  Quelqu’un se reconnait? Il était grand temps que je me facilite l’existence.

Voici ma théorie du raisin sec et de la citrouille.

Fonctionnement de ma théorie. Chaque journée qui commence est comparable à une balance à plateaux, le bon vieux symbole de l’équilibre et de la justice. Un côté pour les événements bonheur, un côté pour ceux qui sont, disons, non nécessaire. J’accorde une mesure pour chaque parole, action ou geste posé à mon égard, qu’il soit important ou banal. Dans le cas qui nous intéresse, je mesure en raisins secs et en citrouilles. Je n’accorde pas plus d’importance qu’un raisin sec à chaque critique gratuite, chaque parole blessante, ou chaque comportement qui m’irrite. En revanche, j’attribute une citrouille au moindre geste gentil, à chaque sourire sincère, et à tout commentaire positif.Un plateau pour les raisins, un plateau pour les citrouilles.

On critique mon choix de vêtement? Un raisin. On crie après moi au lieu de m’expliquer calmement? Un raisin. On me dit que je ne cours pas assez vite pour être « une fille qui court »? Un raisin. On m’ouvre la porte d’un édifice? Une citrouille! Vous me voyez aller? Il faut un nombre impressionnant de raisins secs pour arriver à contre-balancer une citrouille! J’ai en plus instauré une règle très importante : je m’oblige à repartir chaque matin avec des plateaux vides en équilibre parfait. Arrive minuit, on efface et c’est reparti! Au début, j’ai eu besoin de pratique. Nous retombons vite et facilement dans nos vieilles pantouffles, aussi inconfortables soient-elles! Mais croyez-moi, j’ai toujours tellement hâte de déposer ma première citrouille sur ma balance que j’en suis même venue à trouver qu’un raisin sec est encore trop gros pour certaines situations emmerdantes.

C’est dans une citrouille que Cendrillon s’est rendue au bal qui allait changer sa vie! C’est à coup de citrouilles que je continue chaque jour à changer la mienne. Soit dit en passant, je n’ai rien de personnel contre les petits fruits ratatinés. Si jamais certaines journées vous balançait trop de raisins, vous pourrez toujours en faire du pain!

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Je suis la meilleure

J’ai couru mon premier marathon il y a plusieurs années. J’avais un temps en tête, je suis loin de l’avoir atteint. J’ai passé le fil la tête basse, en colère. Je me suis juré de ne jamais recommencer. J’étais la pire coureuse de la terre.

J’ai suivi des plans d’entraînement pour courir plus vite. Ils n’étaient pas pour moi, je les ai trouvés difficiles. Je n’ai pas atteint les objectifs promis. Je me suis trouvée poche.

J’ai fait des courses en essayant de suivre d’autres participants. Ils étaient plus vites que moi, je n’y suis pas arrivée. J’ai terminé en solitaire. Mes échecs ont eu un goût amer.

J’ai essayé des diètes miracles pour améliorer mes performances et avoir le corps d’athlète qui répondrait aux critères des magazines. Je ne suis pas arrivé à courir plus vite. Le miroir m’a retourné la même image de moi. Je me suis trouvée nulle.

Je me suis questionnée. Si j’étais la pire coureuse, poche, nulle et sans succès, pourquoi continuer ? La vraie question, en fait, n’était pas «pourquoi», mais bien: «pour qui?»

Je me suis alors donné deux objectifs : commencer et terminer la course. Je me suis présentée au départ et j’ai franchi l’arrivée. J’ai réussi. Je me suis trouvée bonne.

J’ai décidé de m’entraîner en écoutant deux voix. Celle de mon cœur, celle de mon corps. Je suis revenue avec le sourire. Je me suis sentie accomplie.

J’ai partagé mes histoires et échangé avec d’autres coureuses. Nous avons beaucoup ri. Nous avons beaucoup pleuré. Je me suis sentie en vie.

J’ai réuni des filles qui courent. Je les ai regardées s’accomplir. J’ai célébré leurs réussites. Face à chaque rencontre, je me sens toujours privilégiée.

Maintenant, je ne me questionne plus. Je me fais confiance. Ma position dans mon groupe d’âge n’a plus d’importance. J’y vais pour être heureuse. Et ça, je réussis toujours. Je me trouve bonne. En fait, plus que ça.

Je suis la meilleure.

 

* Note sur le sujet

 Ce texte s’adresse à toi. Toi qui ne te trouve jamais assez bonne, ou trop moche. Pour que tu oses chercher et que tu trouves ce dans quoi tu es la meilleure.

 C’est aussi pour toi qui, étrangement et toujours à ma grande surprise, a des attentes sur mes performances. Tu me dis régulièrement «Tu es LA fille qui court, il me semble que tu devrais courir plus vite non ?» Je suis une FILLE (promis!) qui COURT. Point. Plus vite que d’autres, moins vite que d’autres. Mais je cours. Et j’en suis satisfaite à 100%, ce qui ne laisse aucun espace pour tes attentes envers moi. C’est mon bonheur, je choisis mon échelle de mesure. Mes courses ne se calculent plus en minutes et en secondes. Elles se calculent en rythme. Celui de mon cœur qui bat, enfin, heureux.

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Rencontre inspirante avec Guylaine

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